vendredi 25 janvier 2008

Le palmier -dattier




Le palmier dattier est la principale richesse du Jérid. Cette région du sud tunisien située aux bords du chott du même nom, présente le lieu favorable de la culture du palmier dattier. En effet son climat sec et chaud permet à cet arbre de se développer et mener à terme le mûrissement de ses dattes. "Le palmier vit les pieds dans l'eau et la tête au soleil" comme on dit. Un palmier bien entretenu peut produire jusqu'à 100 kg de dattes. La production annuelle de la Tunisie est de 60.000 tonnes par an ce qui représente 1% du PNB.
Utilité du palmier.
Le palmier dattier est vénéré par les habitants de ces contrées car son utilité ne s'arrête pas à la production des dattes.
Son bois est utilisé pour fabriquer des portails ou couvrir la toiture des maisons. Ses jeunes palmes encore blanches sont utilisées pour fabriquer des paniers, des nattes, des éventails et et des couffins.
Ses palmes mortes servent comme haie de jardin, ou barrière anti- ensablement ou à faire du feu chez les boulangers, les potiers et les briqueteries artisanales. Son jus "legmi", se boit frais comme sirop ou fermenté comme boisson alcoolisée.
Les dattes. Il existe plus de trois cents variétés de dattes dont la célèbre Deglet-Nour. Mais seules trois sont commercialisées: Deglet Nour, Ftimi et Akhouat. Les autres se conservent mal et sont destinées à la consommation locale.
Cueillette des dattes
Deglet-Nour qui existe aussi en Algérie et aux USA, en Californie, Arizona et Texas, est la reine des dattes. De couleur dorée elle est très délicieuse et se consomme comme un fruit.
Au début du siècle les américains se sont aperçus que le climat de la Californie, de l'Arizona et du Texas est semblable à celui de L'Afrique du Nord. Ainsi ils ont importé une quantité de palmiers à titre expérimental. Et ils ont réussi puisque les US produisent actuellement des dattes de bonne qualité dont Deglet-Nour. A la fin du siècle dernier ils ont amené en Amérique deux frères de Nefta dont le métier était métayer de père en fils, pour leur apprendre l'art de cultiver le palmier dattier. Ces derniers ne sont jamais revenus.
L'eau.
Comme nous l'avons dit le palmier aime l'eau et la chaleur. Deux conditions difficiles à trouver dans une région aussi aride. Là ou il y a de l'eau il y a des oasis. Autrefois les sources sortaient naturellement du sable et formaient des rivières pour irriguer les palmeraies. Aujourd'hui la plupart des sources tarissent et sont remplacées par des sondages.
La Culture du palmier.
Les noyaux de palmiers semés, deviennent des palmiers. Mais jamais les palmiers auxquels on s'attend. Pour reproduire un palmier tel Deglet Nour, à titre d'exemple, il faut couper les rejets (les petits palmiers qui poussent sur le tronc de la mère) de leur mère et les replanter ailleurs. Cinq ans après, ils commenceront à produire des dattes de la même variété que leur mère. C'est le secret que les américains sont venus chercher. Les palmiers sont plantés selon deux conceptions. Soit en ligne, dans les nouvelles oasis, en gardant 8 mètres de distance entre chaque palmier, soit selon la méthode ancestrale, dans les anciennes oasis, en disposition serré. La première a l'avantage de permettre la production des dattes de grand calibre mais malheureusement exige beaucoup d'eau car la terre reste à nu entre les palmiers ce qui favorise une évaporation rapide. La méthode ancestrale consiste à planter les palmiers serrés les uns contre les autres et en plaçant des arbres fruitiers à grand feuillage, tels: figuier, pêchers, abricotiers, grenadiers entre celles-ci, permet un ombrage suffisant pour permettre à la terre de garder son humidité pendant plusieurs jours même en plein été. Le palmier demande peu d'entretien. Le printemps est la saison de la pollinisation qui consiste à extraire le pollen des palmiers mâles pour les poser sur les régimes des palmiers femelles. Un palmier mâle peut fertiliser jusqu'à 50 palmiers femelles. On met à profit cette opération pour débarrasser l'arbre de ses palmes mortes. La cueillette des dattes se fait en automne et au début de l'hiver. Le travail de la terre se fait en hiver. Chaque année on travaille le quart de la plantation. L'utilisation du fumier comme engrais est la règle.
Sous les palmiers.
Culture à étages: légumes, arbres fruitiers et palmiers.
Les surfaces entre les palmiers sont utilisées pour faire de l'agriculture: tomate, carottes, poivrons, piments, oignons, épinard, cambons, salade et divers légumes verts. Comme les oasis de cette région sont au bord du chott, la terre contient du sel. L'antidote a été trouvée par les anciens. Il suffisait de mélanger la terre avec du sable des dunes pour réduire le phénomène. Le résultat est au dessus de toute espérance puisque le peu de sel restant donnait aux aliments une saveur particulière, très appréciée par tous ceux qui ont visité cette région. Le même phénomène se produit avec la viande de mouton car celui-ci est habitué à brouter l'herbe quelque peu salée.
source: nachoua.com

2 commentaires:

zahraten a dit…

Je suis contente que tu parles du Jerid et de ses palmiers!
Comme je suis originaire du Jerid du côté de mon feu père (ancien du Lycée Carnot- Exportateur de dattes- Primé à l'etranger pour ses expositions de dattes...pour te dire chère Moghrama que chacun est artiste à sa manière!!!!!!!)

A ma connaissance il y a plus de 200 sortes de dattes !
A part celles qui sont citées , il y a "El 3alig" dattes très demandées et utilisées par les kairouanais ( farce des "makroudh")
Il y a aussi "El mnakher" , très grosses dattes (vendues chez Fauchon) ...
Pour ne rien te cacher, la meilleure "Deglet ennour" est celle des palmeraies de Degache..Exquise !

Mais actuellement , ler seul souci est bien L'EAU!

moghrama a dit…

ya lella netcharfou bik we be jrid ,c'est une région que j'affectionne particulièrement et ,avec mon mari et mes enfants , nous avons des habitudes là bas (mon fils adore faire du quad dans les dunes de sables) pour les dattes , je suis une grande consommatrice, nous avons un commercant au marché central qui nous réserve le meilleur de sa marchandise .en ce moment j'en abuse et ça commence à se voir ..de mon côté sfaxien , nous avons la fâcheuse tendance de les manger avec une bssissa de homs et de l'huile d'olive..merci zahraten